Une force sourde et insondable qui provient de l'intérieur. Un regard, concentré, serein et évaluateur. Un calme déconcertant ; quelques expressions faciales rares. Et une présence, dans sa combinaison rouge et blanche, qui en impose. Sébastien Loeb est un colosse, dont les pieds ne redoutent pas l'argile ou la boue du Pays de Galles, où il est venu décrocher son sixième titre mondial au sommet de la discipline de sport auto la plus dangereuse au monde.
Ce rallye, Loeb est allé le gagner à la force du mental, de l'expérience et de sa confiance en lui. Jamais l'Alsacien peu locace n'a douté de sa force, pas même après la première journée de vendredi, au terme de laquelle il ne détenait que 5 petites secondes d'avances sur un Mikko Hirvonen nerveux, mais extrêmement solide.
Poussé dans ses retranchements, réellement menacé, Loeb a encore une fois étonné tous ceux qui pensaient, après 5 titres mondiaux, avoir tout vu de sa capacité de champion à se transcender. Son patron Olivier Quesnel, directeur de Citroën Sport, en est le parfait témoin : « Seb nous a montré samedi, avec ses spéciales 8 et 9, qu'il est l'homme des grands rendez-vous. Il nous en a fait voir pendant cinq ans, et on le sait capable d'un sacré paquet de choses. Mais là, il nous a épatés... ». « Là », ce sont ces 22 secondes que Loeb infligeait, impitoyable, à Hirvonen, pourtant second, en deux tronçons de spéciales... 22 secondes en 33 kilomètres, une performance qui laissait un Hirvonen livide, presque K.O. à la sortie de sa voiture. « Back to reality... Il est vraiment trop fort. Je ne peux rien faire, je suis à la limite. Finir second ou abandonner, c'est pareil pour moi. Mais je ne peux juste pas aller plus vite et rester sur la piste à la fois », avouait le Finlandais, impuissant, et visiblement sous le choc de la démonstration du Français.
Pourtant, il fera peur à Loeb jusqu'à la fin, lançant une charge ce dimanche matin, tandis que Loeb assurait déjà son avance. Un écart qui fondra, mais les efforts du pilote Ford ne suffiront pas à faire peser la balance de son côté. Pire, la quinzième spéciale réservera un énorme coup du sort au Finlandais, lorsque son capot moteur se redressait, obstruant toute visibilité, et condamnant le candidat au titre à perdre 1 minute et 7 secondes sur son rival Citroën.
Ce week-end, donc, il y avait Loeb, et les autres. Un adage que l'on pourrait généraliser à ces dernières années, tant il marque de son empreinte l'histoire du sport automobile mondial. Loeb, avec sa 54ème victoire en rallye (record absolu) est seul, en haut des tablettes. Et il le restera longtemps. Peut-être pour toujours.