L'industrie du luxe toujours florissante en temps de crise (3/4)


« Nous ne nous concentrons pas sur le volume, mais sur les revenus avec chaque voiture avant les taxes », décrit Müller Ötvös. « Par conséquent, la tradition historique de production de véhicules customisés selon les souhaits des clients est la priorité ». Environ 90% des Phantom sont ainsi uniques, ayant été soigneusement développées main dans la main avec les acheteurs, jusque dans les ultimes finitions. Une méthode qui paie, puisque la proportion de ventes de voitures uniques chez Rolls-Royce est passée à 65% de la production totale.
Bien que les automobiles soient vendues au travers d'un réseau de concessions traditionnel, chaque client est invité à l'usine Rolls-Royce de Goodwood, au sud-ouest de Londres. En plus d'une visite du site, le client peut choisir les matériaux et les coloris de son choix et offrir des points de vue que l'usine n'aurait peut-être jamais considérés autrement. Toutes les idées sont prises en compte, et les riches acheteurs en provenance d'Asie ou du Moyen-Orient surprennent régulièrement les techniciens locaux !


Le seul domaine sur lesquels Rolls-Royce ne peut se permettre autant de fantaisie est la carrosserie. Il est en effet fréquent que les clients souhaitent également opérer d'importants changements extérieurs, mais le constructeur doit alors composer avec un cahier des charges restrictif : « Il y a des problèmes d'homologation routière avec les kits carrosserie », précise ainsi Müller Otvos, expliquant que l'une des obligations concerne le passage effectif des crash-tests. Pour pouvoir valider une nouvelle coque, pas moins de 5 à 6 modèles à détruire sont en effet nécessaires. Pas la meilleure façon d'augmenter ses marges !

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