L'industrie du luxe toujours florissante en temps de crise (2/4)


« Très clairement, notre stratégie est de nous en tenir au segment des véhicules à 200'000€ et plus », annonce le PDG de Rolls-Royce de façon décomplexée. Un volume ainsi limité à 3500 prestigieux exemplaires par an. « Nous ne sommes pas dans une situation dans laquelle nous avons besoin d'augmenter la capacité de notre site ».
Matt De Lorenzo est l'ancien éditeur en chef de Road & Track et a couvert l'industrie automobile depuis 35 ans. Il a écrit sur de nombreux constructeurs automobiles et publié plusieurs livres sur de nombreux aspects. Pour lui, Rolls-Royce n'a plus de concurrence directe sur le marché depuis la disparition de Maybach. Pour autant, le succès de Rolls-Royce ne peut être attribué directement à ce manque de concurrence, la succursale de Daimler-Benz n'ayant jamais réalisé des chiffres si impressionnants.

Bentley, de son côté, ne rivalise plus réellement avec son vieux rival Britannique, ayant fait le choix de se diriger vers une approche plus sportive et moins « rouillée ». La Mulsanne, la Continental et le choix de coupés proposés par Bentley positionnent clairement la marque sur une clientèle également plus jeune et dynamique. Comme de nombreuses autres marques de luxe comprenant désormais également Maserati, Bentley commence à céder à l'envie d'augmenter massivement la production et accepte de perdre quelque peu de son exclusivité.

L'approche de Rolls-Royce est différente, pour ne pas dire opposée. Le business model de la marque Britannique repose sur une exclusivité des plus poussées (facturée de façon conséquente), pour réaliser de grosses marges sans augmenter le volume. En quelques sortes, à l'heure où les défilés sont au prêt-à-porter, Rolls-Royce cultive son héritage de Haute Couture.

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