Jenson Button aurait du être un champion sans couronne. Jamais, avant tous ces chambardements réglementaires, on aurait parié un centime sur ce champion du monde ! Pourtant, après un début de saison marqué par la domination sans conteste des Brawn GP, il a su gérer intelligemment la suite du championnat. Au Brésil, sur le circuit d'Interlagos, il a su sortir indemne d'une ambiance "Tropi-casse".
"It's done !" (c'est fait) aurait-il pu hurler ! Mais peut-être est il le premier à ne pas y croire, car l'histoire de la carrière de Button en F1 ne l'y destinait pas. De jeune premier en 2000 (arrivé chez Williams en lieu et place de Zanardi, et coéquipier de Ralf Schumacher), il est devenu un outsider de grand talent, avec point culminant de sa résurrection, après une période Renault-Benetton pas vraiment rose, une troisième place au championnat en 2004 cher BAR-Honda (10 podiums).
Sa saison est un peu à l'image de sa carrière, inégale (6 victoires sur 7 en début de saison, puis...plus rien). Alors, à la question mérite-t-il son titre, on pourrait répondre qu'un pilote à ce niveau ne devrait même pas se voir remis en cause. Mais ce qui fascine chez Button, c'est sa simplicité apparente. Il semble...normal. Le genre de type avec qui il serait possible de prendre un pot à une terrasse. Nous avons donc affaire à une étrange histoire de Jenson Button...

Alors, peut être a-t-il mené la deuxième partie de sa saison en épicier, faisant des comptes. Mais il n'est pas le premier (Alan Jones, ou Keke Rosberg en 1982), et ne pouvait se permettre de rater cette occasion unique. (L'affaire du Button-gate aurait pu l'en détourner définitivement en 2005, sans évoquer le départ de Honda de la F1). Car à 29 ans, et au sein d'une équipe qui a su profiter intelligemment d'une réglementation renouvelée, le coup de poker était trop beau pour être perdu. Button a joué, Button a gagné, voilà ce que l'histoire retiendra !
Les titres ayant été distribués, avec Brawn GP et Button sacrés champions, le GP d'Abu Dhabi ne sera qu'une étape de plus avant de découvrir la F1 2010.
PS : On ne peut que constater la malchance de Rubens Barrichello, victime d'une crevaison. Sera-t-il en F1 l'année prochaine ?
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