
Un vent frais de scandale balaie la F1. Un souffle, qui pourrait annoncer un véritable cyclone. Dans l'œil de celui-ci, l'écurie Renault F1.
L'écurie franco-anglaise doit répondre de chefs d'accusations gravissimes : l'équipe a-t-elle oui ou non manigancé les résultats du Grand Prix de Singapour 2008, en orchestrant une sortie de piste factice de Nelson Piquet, afin de faire gagner son coéquipier Fernando Alonso ?
A l'heure du GP de Singapour 2008, Renault n'avait plus remporté de course depuis le GP du Japon 2006, une période de disette de presque deux saisons. Avec le Double Champion du Monde Fernando Alonso sur le départ vers l'équipe McLaren, et une obligation pour la Régie de justifier l'investissement financier et humain massif fait en F1, Renault et Briatore n'ont pas le choix : ils doivent remporter des courses afin que Carlos Ghosn, le P.D.G. de Renault, décide de poursuivre le programme F1.
Singapour, première course de nuit de l'histoire de la F1, représentait un évènement médiatique énorme. Engouement public, circuit urbain, et horaires de diffusion permettant des audiences en mondovision records : un succès Asiatique qui valait presque autant qu'une victoire à Monaco en termes de prestige.
Ce dimanche de Grand prix, Fernando Alonso part 15ème. Une course qui s'annonce comme un long chemin de croix, et un gâchis monumental. Et pour cause : l'espagnol avait démontré en essais avoir un rythme de leader, mais était totalement passé à côté de sa séance de qualifications. Partant avec 12 tours seulement de carburant, il était le pilote devant ravitailler en premier. C'est ce qu'il fit. Il occupait les profondeurs du classement lorsque deux boucles plus tard, son coéquipier Nelson Piquet percutait le mur de façon spectaculaire dans une zone dégagée et répandait des débris de sa monoplace immobilisée sur le circuit. La voiture de sécurité prit la piste, neutralisant la course : tous les pilotes devant Alonso durent dès lors rentrer aux stands. Alonso remportait un peu plus d'une heure plus tard une victoire pour laquelle Flavio Briatore remerciait « Dieu, qui s'il est par là, a donné un coup de pouce à Renault. Un formidable travail d'équipe ! »

Un « travail d'équipe » d'une nature un peu particulière, selon de nombreux observateurs. La FIA analysait dans la foulée les conversations radio de Nelsinho Piquet : cette coïncidence, une Renault qui se ruinait, et offrait, « par hasard », une victoire à la seconde, suscitait des questions. Mais rien dans les communications entre le pilote et le muret des stands qui ne permettait d'affirmer qu'une stratégie redoutable avait été appliquée.
Dimanche, au soir du GP de Belgique, la FIA a fait savoir que des « éléments nouveaux » étaient arrivés, justifiant la réouverture d'une investigation sur les faits de course. Des affirmations, en provenance de la télévision brésiliennes, ne laissent que peu de doutes sur la provenance desdits éléments : le clan Piquet, Nelson père et fils, sont mieux informés que personne. Et ont des comptes à régler avec Renault et Briatore. Nelson Jr venait de quitter Renault dans une atmosphère particulièrement mauvaise. Nelson père, lui, avait une revanche à prendre vielle de presque deux décennies, du temps où il quittait Briatore et Benetton dans une situation tout aussi tendue.
Analyse des télémétries, interrogatoires des protagonistes, confrontation des témoignages de pilotes sur la possibilité de simuler un tel accident ; l'enquête est en cours. La base anglaise d'Enstone a déjà reçue la visite des officiels. « Pas de commentaires à faire », rétorque-t-on aujourd'hui encore du côté de Renault.

Si Renault était reconnue coupable d'un tel scénario, ayant potentiellement pu coûter le titre mondial à Felipe Massa, qui était victime de la panique dans les stands découlant de l'accident, les conséquences seraient extrêmement importantes pour l'équipe. Elle risque en effet une palette de sanctions large, allant de l'annulation des points marqués, en passant par une amende exemplaire similaire à celle infligée à McLaren dans l'affaire d'espionnage sur Ferrari en 2007 (100 millions de dollar), jusqu'à...l'exclusion pure et simple du championnat du monde de Formule 1.
Autant de sentences que Renault ne peut pas se permettre, et qui pourraient amener le manufacturier à décider de mettre fin à son implication en F1, déjà affaiblie par la probable perte de Fernando Alonso en fin de saison et le deuil du contrat de fourniture moteur RedBull, pressenti pour avoir signé samedi avec Mercedes pour les prochaines saisons...



Asylum
Commentaires (Page 1 de 1)
tjc @ Sep 21st 2009 5:47PM
Trois conspirateurs ayant besoin de s'entraider afin de conserver leurs positions respectives, décident de créer une situation qui rapporterait a tous. Leur plan a fonctionner un certain temps avec l'aide de la FIA qui a fermé les yeux tant qu'elle put. Le seul restant sur place est la société Renault ( les 3 compéres ayant quittés les lieux précipitament) laquelle n'a absolument rien a voir avec cet acte décidé autour d'une table par 3 irresponsables. La société n'a pas modifié ses voitures, ni volé des documents, ni triché par ses ingénieurs ou mécaniciens, pourtant c'est elle qui est pointée du doigt, et qui va payée.
Drole de justice